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Les transactions se multiplient dans le secteur des infrastructures réseaux, tiré par les besoins croissants des télécoms.

Le marché des infrastructures réseaux n’a jamais été aussi animé. Les transactions se multiplient depuis quelques mois. Dernière en date, l’annonce il y a quelques jours de la mise en vente de FPS Towers par le fonds Antin Infrastructure Partners. FPS, c’est la « tower company » qui monte en France. La société, spécialisée dans l’hébergement d’équipements télécoms pour les opérateurs, a été créée fin 2012, après le rachat des pylônes de Bouygues Telecom. Elle exploite 2.500 pylônes et 20.000 toits terrasses, qu’elle met à disposition des opérateurs. L’entreprise emploie 90 salariés et affiche une croissance d’environ 40 % par an. Son chiffre d’affaires devrait s’élever à 70 millions d’euros en 2016, pour un Ebitda (excédent brut d’exploitation) de 45 millions.

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La décision d’Antin a surpris les observateurs.  « Revendre après seulement trois ans et demi, c’est un peu court pour un fonds d’infrastructures », remarque un bon connaisseur du secteur. Mais FPS était l’un des derniers investissements réalisés par Antin dans un fonds ouvert dès 2010. Surtout, le moment semble propice pour revendre à un bon prix ce type d’actif. Valorisé un peu plus de 200 millions d’euros lors de sa création, la société pourrait aujourd’hui être cédée pour un peu plus de 900 millions.  « Il y a beaucoup de demandes pour les actifs d’infrastructures actuellement », confirme Frédéric Zimer, le PDG de FPS, qui pourrait garder son poste à l’issue de la vente.  « C’est un business assez sécurisé, avec des contrats à long terme. Et le marché est plus séduisant qu’il y a quelques années », poursuit-il.

« Les opérateurs vont avoir besoin d’investir »

Le boom des smartphones et de l’Internet mobile a causé un accroissement important du trafic data sur les réseaux télécoms. Pour y faire face, les opérateurs ont besoin de fréquences mais aussi de nouveaux sites pour poser leurs antennes. « Il y a une période de densification des réseaux importante qui s’ouvre. Les opérateurs vont avoir besoin d’investir davantage », estime-t-on chez TDF, qui réalise une part croissante de son activité dans les télécoms. Mais plutôt que déployer leurs propres pylônes, les telcos auraient désormais tendance à passer par les infrastructures des « towerco ».  « Les opérateurs n’ont plus assez d’argent pour investir seuls. C’est ce qui contribue aussi au développement de notre activité », explique Frédéric Zimer. Dans ce contexte, l’échec de la fusion entre Orange et Bouygues Telecom est une aubaine pour FPS et les autres, car cela fait potentiellement plus de sites à exploiter, même si SFR et Bouygues sont en train de mutualiser une partie de leur réseau.

L’intérêt pour ce marché s’est vu lors du rachat de TDF, fin 2014, où 200 fonds avaient été approchés. C’est un consortium emmené par le canadien Brookfield qui l’avait emporté pour 3,6 milliards d’euros. Outre les fonds, les industriels étrangers commencent à s’y intéresser. L’espagnol Cellnex a mis la main au début du mois sur 230 pylônes de Bouygues Telecom pour 80 millions d’euros. Il s’était aussi positionné sur le dossier Itas, en cours de rachat par TDF. Il pourrait, enfin, faire une offre pour FPS.  « Il faut une taille critique pour peser sur ce marché, quelques centaines de pylônes ne suffisent pas », justifie un expert.

Des « towerco » américaines (SBA, American Tower) pourraient jeter un oeil sur le dossier. Les grands fonds d’infrastructures seront évidemment intéressés. Tout comme TDF. Le groupe est certes leader sur le marché. Un rapprochement serait compliqué, avec beaucoup de remèdes concurrentiels à la clef.  « Cela s’inscrirait dans le cadre d’une concentration horizontale. Mais il y en a eu d’autres. Tout est possible », veut croire un porte-parole.

Source : Les Echos

Article sélectionné par : B. WIECZOREK / LillyBelle