Le marché de la téléphonie mobile au Mali, avec une pénétration d’environ 138%, constitue un secteur important de l’économie et met à la disposition des populations des plateformes technologiques permettant d’apporter des solutions nouvelles à leurs problèmes sociaux.

C’est dans ce contexte que l’Agence américaine pour le développement USAID a organisé en octobre 2015 à Bamako un Atelier sur le rôle des Services Financiers Digitaux (DFS) dans le développement socio économique.

L’évènement présidé par le Ministre malien en charge de l’économie et des finances et l’Ambassadeur des USA au Mali a réuni les acteurs de l’écosystème (Ministère, régulateur, Institutions bancaires, opérateurs, ONG). L’objectif était de partager les expériences en matière d’inclusion financière par le téléphone mobile et de réfléchir sur les mécanismes à mettre en place pour la promotion de la Finances numériques au Mali.Sans titre1

Vue des participants de l’Atelier sur la Finance Digitale à l’hôtel Salam de Bamako

Actuellement, bon nombre d’ONG américaines (OTI-Mali, KACHE, MyAgro, PSI, Mercy Corps) intervenant dans divers secteurs d’activités socio économiques (agriculture, humanitaire, santé…) font recours aux services Mobile Money. L’expérience d’OTI-Mali créée suite aux attaques djihadistes au nord du Mali en 2012 est émouvante. C’est à travers un programme intitulé ‘Programme d’appui à la transition du Mali (PAT-Mali) que l’ONG a initié des activités (cash-for-work) pour permettre aux populations de deux localités du nord de travailler ensemble, sans distinction de race et d’ethnies et, améliorer à terme leur quotidien. Chaque travailleur est doté d’un téléphone mobile et d’un compte Orange Money sur lequel il reçoit sa rémunération en fin de journée.

Grace à ce système mobile, le paiement intégral des travailleurs de façon régulière et sécurisé est assuré. A cela d’autres avantages sont liés notamment, la baisse considérable des coûts de gestion pour l’ONG, la traçabilité des paiements, la réduction de la corruption, la sécurisation des transactions.

Il faut rappeler que le Mobile Money apparu au Mali il y’a cinq ans connait un succès particulièrement rapide, avec un taux de pénétration d’environ 15%. Ce succès est dû au développement du téléphone mobile, associé à cela le faible taux de bancarisation (13%), plus marquée en zone rurale du fait de l’absence des structures bancaires.

La première plateforme de paiement mobile a été mise sur le marché malien en 2010 par Orange Mali, avec environ 3 millions de comptes et plus de 17 000 points de dépôts/retraits sur le territoire. D’autres plateformes sont entrain d’émerger, celle de l’opérateur Malitel déployée en 2014 sous la marque ‘’Mobicash’’ et la plateforme de Lemonway ; chaque opérateur étant partenaire d’une banque de la place.

Dans un pays à revenu faible comme le Mali, il est incontestable que ces plateformes mobiles offrent d’importantes opportunités dans le domaine des affaires et des cas sociaux notamment, le règlement des factures d’eau/électricité, paiements des salaires des agents de santé communautaire, paiement marchand, assistance humanitaire.

Compte tenu de l’impact sur l’économie et l’emploi au Mali, les décideurs doivent tout mettre en œuvre pour que ce système se développe davantage et sert d’accélérateur pour la croissance socio économique.

Article rédigé par Ibrahima KONE / AMRTP Mali