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Technologie : Après la 4G+, la 4G++. L’opérateur veut convaincre ses abonnés de dépenser plus de données en leur donnant plus de débit au même prix. 330 Mbps sont visés fin 2015, 260 Mbps déjà accessibles au pied de la cathédrale de Chartres.

La course à l’échalote, et plus sûrement au client, produit des effets surprenants chez les opérateurs télécoms. Le jour où SFR annonçait le lancement à Lyon (après Toulon et Toulouse) de la 4G+, Bouygues Télécom faisait démonstration de son savoir faire en matière de 4G++ à Chartres (28).

La préfecture de l’Eure-et-Loir est la « ville la plus rapide de France » affirme Bouygues, qui y opère déjà la technologie de carrier aggregation sur son réseau 4G+. Bilan, le cumul des bandes de fréquence 2600 Mhz et 1800 Mhz, où Bouygues possède respectivement 20 Mhz et 15 Mhz assure un débit de 260 Mbps (35 Mhz en cumulé, 5 MHz valent un peu plus de 37 Mbps).

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« Cette technologie sera proposée ensuite dans quelques villes » assure le directeur de réseau de Bouygues Telecom, Jean-Paul Arzel.

Mais l’opérateur avait surtout convié la presse pour assister à la démonstration de sa future tête de pont : l’ultra haut débit mobile. Une technologie de carrier aggregation qui cumule 3 bandes de fréquence : la 800 Mhz, la 1800 Mhz et la 2600 Mhz. Soit un débit de 300 à 330 Mbps, réalisé à Chartres avec le réseau 4G installé dans la ville (pour un spectre cumulé de 40 à 45Mhz).

Cette triple agrégation sera disponible en version commercial à partir de fin 2015, annonce Bouygues. C’est loin certes, mais comme très peu d’appareils (terminaux LTE de catégorie 9) sont aujourd’hui capables de prendre en charge ce protocole, peu importe.

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Le prototype de téléphone d’agrégation à 3 fréquences présenté par Bouygues Telecom. Le terminal est volumineux, mais sa taille devrait être réduite pour sa commercialisation assure Bouygues. Et les quatre antennes intégrées au téléphone. (Crédit : ZDNet.fr)

« Le protocole triple carrier est déjà disponible sur notre Snapdragon 810 » explique toutefois Jean Varaldi, directeur des activités de Qualcomm France. « Et le chipset est en cours d’intégration sur une soixantaine de devices ».

Lyon, la première ville à en bénéficier

Si certains acteurs des marchés d’Amérique du Nord et de Corée du Sud proposent déjà du triple carrier sur 4G, cette initiative serait la première en Europe. Lyon sera au second semestre 2015 la première ville à bénéficier de cette nouvelle technologie.

Côté commercial, Bouygues Telecom affirme qu’il donnera accès à l’ultra haut débit sans surcoût dans ses offres.

Reste que le débit de « l’ultra haut débit mobile » se définit comme suit : il s’agit d’un débit maximum délivré par un relai, et ce pour un seul terminal connecté. Ensuite, ce débit est partagé entre tous les utilisateurs du même relai. « C’est vrai, mais lorsque le débit maximal augmente, le débit moyen augmente en proportion » souligne Jean-Paul Arzel.

Et ce débit moyen est le nerf de la guerre pour les opérateurs qui ont fait de la 4G+ un cheval de bataille. Les clients de Bouygues Telecom consomment 2,2 Go en moyenne par mois de data en 4G, et un tiers des clients ne basculeraient pas en Wi-Fi quand ils le peuvent techniquement car le débit 4G est plus important que celui de l’ADSL.

« On nous promet une agglomération câblée pour 2025 » souligne à ce sujet avec malice Jean-Pierre Gorges, le député maire de Chartres et président de la communauté d’agglomération.. « Le sans fil arrive semble t-il beaucoup plus vite ».

Bouygues entrevoit dans cet espace un marché, qu’il compte valoriser non pas en proposant des forfaits 4G+ et 4G++ spécifiques, mais en vendant de plus gros volumes de consommation au forfait. L’idée est simple : en poussant à al consommation, le client est incité à passer au forfait supérieur et donc plus cher avec une enveloppe data plus importante. C’est exactement la stratégie mise en place avec les bonus que l’opérateur a lancé il y a quelques semaines.

Source: zdnet.fr