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L’opérateur de téléphonie mobile peut désormais se passer de son partenaire Western Union, à travers lequel il permettait à ses abonnés M-Pesa d’effectuer des envois et retraits d’argent par mobile à l’étranger. Le M-Pesa entre ainsi dans un nouveau marché largement dominé par les banques.

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La société télécom Safaricom, filiale du groupe britannique Vodafone, a reçu de la Central Bank of Kenya (CBK) la licence pour offrir son service de transfert d’argent par mobile vers l’étranger. Elle n’a plus désormais de barrières restreignant son ambition d’attaquer les autres marchés. Fini également la dépendance aux en- treprises de transfert d’argent à l’international comme Western Union, avec qui Safaricom en- tretenait des relations pour permettre à ses clients d’envoyer ou de recevoir de l’argent de membres de leur famille ou de relations d’affaires dans 45 pays du monde. Pour la Central Bank of Kenya, Safaricom est devenue assez grande pour pouvoir voler de ses propres ailes à l’international. L’entre- prise, qui domine déjà plusieurs banques dans le transfert de fonds au niveau national, va certainement détoner avec le nouveau segment de marché qui s’ouvre à lui.

Meilleur que des banques

Dans un rapport de la Central Bank of Kenya sur les flux monétaires, l’institution financière consi- dérait que le géant kényan des télécoms occupait une place de plus en plus incontournable dans le secteur du transfert de fonds. Sur la période du 1er janvier au 30 août 2014, le M-Pesa de Safa- ricom était onzième parmi près de 45 canaux de transfert d’argent à l’international. Il devançait près de 34 banques commerciales avec des trans- ferts internationaux qui ont atteint une valeur globale de 3,39 milliards de shillings (environ 38,3 millions $), soit près de 4,06% de part de marché. A travers sa licence internationale, qui est qualifié d’aubaine financière par Betty Mwangi-Thuo, la directrice générale des services financiers chez Safaricom, la société télécom est certaine d’enregistrer davantage de croissance dans le nombre futur de transactions financières par M-Pesa.

Un futur très prometteur

Avec ses 19,95 millions d’abonnés à son service de transfert d’argent par mobile, Safaricom a enregistré la somme de 15,6 milliards de shillings (172,7 millions $) de revenu au cours des six premiers mois de 2014, seulement à l’intérieur du pays. Avec ces deux marchés, le national et l’international, M-Pesa devrait faire des étincelles. On peut dire que la licence de l’opérateur télécom tombe à point nommé au regard de l’exiguïté dont faisait déjà preuve le marché du mobile money de Safaricom. La société, qui a lancé plusieurs dérivés du M-Pesa pour régler son loyer, les frais de scolarité, d’hôpital, de taxi, acheter des vivres, collecter des fonds, effectuer des prêts sociaux, etc., avait besoin d’un nouvel espace d’expression.

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Le gouvernement, qui perçoit de grosses recettes fiscales du service mobile money de Safaricom, a certainement aussi compris où était son intérêt à permettre à Safaricom d’offrir son service de transfert d’argent par mobile au-delà des frontières nationales. Pour ce qui est des tarifs du nouveau service, Betty Mwangi-Thuo a expliqué qu’ils seront dévoilés très bientôt et qu’ils seront compétitifs pour permettre au plus grand nombre de consommateurs de la société télécom d’effectuer leurs opérations financières sans trop dépenser.

Source : RTN (Réseau Telecom Network)